HAINE SUR LES RESEAUX SOCIAUX : LE PRESIDENT INTERPELLE

« Génération tête baissée »,est le terme qui correspond de plus en plus à la jeunesse camerounaise. Aujourd’hui, les réseaux sociaux (à ne pas confondre avec les médias sociaux) sont devenus en grande partie indispensable pour bon nombre de citoyens. Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, Snapchat, Tik Tok… sont devenus de véritables plateformes de partages entre les internautes. Face aux difficultés de la vie dont sont confrontés les jeunes, ils se sont érigés en donneur de leçon ignorant la loi et seigneur sur les différentes plateformes. Ils ont fait de ces différents réseaux un confessionnal, un défouloir et nuisent à la tranquillité de certains citoyens et aussi de la République.

Dans la dernière articulation du traditionnel discours du 31 décembre 2022 qui marquait la fin d’année 2022 et le nouvel an 2023,le Président Paul Biya a mis l’accent sur un facteur qui interpelle en majorité la jeunesse Camerounaise. Il s’agit de l’utilisation abusive et malsaine des réseaux sociaux tout en mettant un point d’honneur sur ceux qui se cachent en majorité derrière leur clavier pour créer la panique à travers la désinformation et les discours haineux. Ils nombreux en manque de repères et au chômages qui trouvent du refuge et de la notoriété assis derrière un clavier où son smartphone.
La jeunesse d’aujourd’hui diffère de de celle de nos parents pourtant son avantage réside dans l’accès aux nouvelles techniques de l’information et le numérique.
Les diplômes d’aujourd’hui n’ont plus de poids , une jeunesse aculturée, paresseuse et désorientée , incapable de participer à des séminaires gratuits et de s’intéresser à la participation citoyenne. Conséquence, les jeunes diplômés chôment, se jettent dans des petits métiers, d’autres se reconvertissent en agresseurs et en arnaqueurs.
Cette jeunesse qui pourrait utiliser le téléphone à la recherche des nouvelles opportunités de stage ou même d’emploi et s’instruire sur l’entreprenariat jeune se jette aujourd’hui dans les portes money magique et une grande facilité. Elle passe plus de temps sur les réseaux sociaux pour se distraire, créer des faux comptes, usurper les identités , gaspiller son temps pour injurier, déformer la vérité , suivre l’actualité sur la vie des autres qui eux évoluent, traquer et même harceler et pousser d’autres au suicide. Pour faire abstraction des difficultés rencontrées au quotidien, les jeunes se déchaînent sur les réseaux sociaux, manipulent et réussissent à convaincre les esprits faibles d’une fausse vérité . Ils arrivent même à faire preuve d’ingéniosité pour manier l’outil informatique à mauvais escient et salir l’image de la République.

L’impact négatif des réseaux sociaux

        La principale conséquence de la montée exponentielle des réseaux sociaux est la dépendance créée chez les utilisateurs. Alimenter son profil Facebook ou son compte Twitter ou Instagram à longueur de journée peut vite prendre des dimensions démentielles. D’après un rapport de Socialyse Africa en 2019, le temps moyen journalier d’un internaute sur les réseaux sociaux au Cameroun est de 3H12min. Ce qui revient à environ 48.66 jours en moyenne bousillés par un internaute camerounais en une année, sans oublier la somme qu’il faut mettre pour les forfaits internet pour constamment se connecter. Cette dépendance est multipliée par la messagerie instantanée. On parle de tout, mais surtout de rien, pendant des heures, sans même s’en rendre compte. Ceci mène très souvent à l’isolement et peut dériver vers des formes d’intégrisme.

En dehors de cette cyberdépendance, on a également la cybercriminalité (avec le vol des données ou le piratage d’identité). Le cyber harcèlement et la cyber intimidation sont de plus en plus fréquents avec la popularité des réseaux sociaux. Les victimes qui se dénombrent chaque jour par millier au Cameroun sont de tout âge, des deux sexes et se retrouvent dans toutes les couches sociales.

       Le dernier volet de l’impact négatif des réseaux sociaux est la montée en puissance au Cameroun des fake news et des discours de haine.


le Chef de l’Etat a donc réitéré sa mise en garde .Nuire aux Camerounais à travers l’outil numérique nécessités des sanctions. Ceux qui au lieu de faire preuve de discipline, d’une bonne utilisation ,responsable et rentable des médias sociaux ,l’utilisent pour faire passer de fausses informations, créer la panique, extorquer et même plonger les camerounais dans la détresse sont surveillés, seront débusqués et sanctionnés par les autorités compétentes.

  • RAPPEL DU CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE (NATIONAL, RÉGIONAL)

       Tous les domaines d’activités et spécialités nécessitent l’intervention d’une réglementation, en vue de respecter, de recadrer, et de définir le fonctionnement de celle-ci. Généralement considérés comme des spécialités et des activités de technologie et d’échanges, les réseaux l’usage des réseaux sociaux nécessitent également un cadre légal. Le but ici est de limiter les atteintes relevant de la vulnérabilité humaine, de la fragilité des dispositifs techniques, des failles de sécurité qui entrainent des usurpations d’identité, ainsi que les violences numériques (violences sociales) présentes partout dans le monde. 

  • Le cadre légal et réglementaire au Cameroun

       Au Cameroun, l’Agence de Régulation des Télécommunications (Art) est l’instance chargée de veiller à l’application des textes législatifs et réglementaires en matière des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication. Et selon l’article 7 alinéa 1 de la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité au Cameroun, l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (Antic), est chargée de la régulation des activités de sécurité électronique, en collaboration avec l’Agence de Régulation des Télécommunications(Art). Pour mieux réglementer le secteur, plusieurs dispositions ont été mises en œuvre en vue de réduire au maximum les dégâts liés à l’utilisation abusive des réseaux sociaux. A l’exemple de la réforme de l’article 241 du Code pénal qui vise la régulation et la répression de l’expression de la haine et de la malveillance dans les échanges, les activités et les comportements sur les réseaux sociaux en ligne et autres voies et moyens de communication au public.

      Quant à la règlementation sur le respect de la vie privée, l’article 74 alinéa 1 dispose qu’il est puni d’un emprisonnement d’1 à 2 ans et d’une amende de 1.000.000 à 5.000.000 FCFA, quiconque, au moyen d’un procédé quelconque portant atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, les données électroniques ayant un caractère privé ou confidentiel. Pendant ce temps, les outrages peuvent valoir un emprisonnement de 2 à 5 ans, et d’une amende de 2.000.000 à 5.000.000 FCFA, ou de l’une de ces deux peines seulement.

       Selon l’article 77 alinéa 1 de la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité celui qui, par la voie de communications électroniques ou d’un système d’information, commet un outrage à l’encontre d’une race ou d’une religion est puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 2 millions à 5 millions FCFA ou de l’une de ces deux peines seulement. Tandis que l’article 78 dans son premier alinéa puni d’un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d’une amende de 5 millions à 10 millions F CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui publie ou propage par voie de communications électroniques ou d’un système d’information, une nouvelle sans pouvoir en rapporter la preuve de véracité ou justifier qu’il avait de bonnes raisons de croire à la vérité de ladite nouvelle. Des peines qui à en croire l’alinéa 2 du même article, sont doublées lorsque l’infraction est commise dans le but de porter atteinte à la paix publique. 

Carine Oum, JRI.

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